Le quatrième temps : ce qui tombe après le 11 juillet
La plateforme qualifie ces mouvements d'exceptionnels. Sur six campagnes, 63 à 72 % des formations mesurables ont servi au moins une place après la fin de la phase principale.
Le constat
Les trois jalons publiés par le ministère s'arrêtent à la fin de la phase principale — mi-juillet, le 11 juillet 2026 pour la campagne 2026. La liste, elle, ne s'arrête pas là : un admis qui ne s'inscrit pas libère sa place, et cette place part au premier de la liste archivée.
Le dossier du candidat, au même moment, fige son numéro et affiche parfois « vous avez renoncé ». C'est l'angle mort de la plateforme, et la seule mesure publique en est l'écart entre les admis totaux et les admis servis avant la fin de la phase principale.
En 2025, cet écart représente 32 497 places sur 5 080 formations, soit 63% des 8 063 formations mesurables.
Six campagnes, un phénomène stable
Un chiffre isolé se lit comme un accident. Six campagnes alignées montrent une régularité : la part des formations qui servent des places après la phase principale ne descend jamais sous 63 % et ne dépasse jamais 72 %.
| Campagne | Formations mesurables | Dont servies après | Part | Places |
|---|---|---|---|---|
| 2020 | 6 646 | 4 792 | 72 % | 32 408 |
| 2021 | 6 602 | 4 740 | 72 % | 31 447 |
| 2022 | 6 343 | 4 159 | 66 % | 31 344 |
| 2023 | 6 627 | 4 641 | 70 % | 37 282 |
| 2024 | 7 450 | 5 123 | 69 % | 39 460 |
| 2025 | 8 063 | 5 080 | 63 % | 32 497 |
Cumulé sur les 6 campagnes publiées : 204 438 places servies après la fin de la phase principale, sur le seul périmètre mesurable.
Par filière
Ventilation sur le millésime 2025, filière par filière. Les filières de moins de dix formations mesurables ne sont pas publiées.
| Filière | Mesurables | Servies après | Part | Places |
|---|---|---|---|---|
| Licence | 1 314 | 974 | 74 % | 12 717 |
| BTS | 2 696 | 1 715 | 64 % | 5 882 |
| IFSI — soins infirmiers | 344 | 315 | 92 % | 3 980 |
| BUT | 470 | 378 | 80 % | 2 693 |
| Autres formations | 1 235 | 629 | 51 % | 2 197 |
| CPGE | 699 | 454 | 65 % | 1 924 |
| Licence avec accès santé (L.AS) | 391 | 282 | 72 % | 1 184 |
| PASS — accès santé | 267 | 165 | 62 % | 1 130 |
| Écoles d'ingénieurs | 423 | 79 | 19 % | 437 |
| Formations du travail social | 149 | 78 | 52 % | 272 |
| Écoles de commerce | 75 | 11 | 15 % | 81 |
Méthode
Deux règles de lecture, et elles sont toutes deux contre-intuitives.
Le nombre d'admis servis avant la fin de la phase principale est un « dont » du total, jamais de la phase principale. Une formation à 47 admis en phase principale, 30 en complémentaire et 72 servis avant la fin de la phase principale n'a rien d'incohérent. La lecture naïve — admis de phase principale moins admis servis avant la fin — donne −25.
Une phase complémentaire ouverte rend le calcul impossible. Elle commence à la mi-juin, avant la fin de la phase principale : l'écart mélange alors deux flux que rien ne permet de séparer. Ces formations sont exclues du périmètre — 6 186 en 2025 — et jamais comptées zéro.
C'est pour cela que le périmètre (8 063 formations) est plus étroit que le catalogue (14 249 formations), et qu'il est publié à côté de chaque chiffre.
Limites
Le périmètre n'est pas toute l'offre. Seules les formations sans phase complémentaire ouverte entrent dans le calcul. Le phénomène existe probablement aussi chez les autres, mais il n'y est pas mesurable, et on ne l'estime pas.
Une place servie n'est pas un candidat sauvé. L'écart mesure des admissions supplémentaires, pas des inscriptions effectives.
On ne sait pas jusqu'à quel rang la liste est descendue après la fin de la phase principale. La source publie le rang du dernier appelé, mais pas sa valeur en fin d'été. On mesure un volume de places, pas une profondeur.
Ce que cela change pour un candidat est décrit dans maintenir ses vœux en attente. Le mouvement distinct de la phase complémentaire est décompté dans où il restait des places.